Naissance de la Garrigue

Naissance de la Garrigue

Au XVIIIe siècle, la commune de Fitou était devenue très prospère. L’huile d’olives et la laine de la bourgade avaient acquis une réputation de grande qualité. Les habitants de ce village, ayant vécu depuis des millénaires en bordure de forêt, ne prirent que très tardivement conscience de la diminution progressive de leur patrimoine forestier.

Fours des poteries, fours à plâtre, chauffage, cuisine, toute l’énergie nécessaire à la communauté provenait du bois. Les bûcherons coupaient et les charpentiers taillaient sans compter. Ce n’est qu’après la révolution que les premières inquiétudes se manifestèrent et un décret interdit d’exporter du bois hors de la commune.

C’était déjà trop tard, le mal était fait. La forêt n’était plus suffisamment étendue et suffisamment dense pour retenir l’humidité. La tramontane estivale desséchait les terres déboisées et attisait les incendies. Une centaine de troupeaux de moutons rasait l’herbe et des milliers de chèvres broutaient les jeunes pousses empêchant ainsi la forêt de se reformer. Les orages violents et les pluies torrentielles d’automne ravinaient les collines et transportaient la terre dans les plaines ou dans l’étang. Cailloux, roches et rochers se dénudèrent lentement et les premiers paysages de garrigue apparurent.